Hier, au Sénat, plusieurs dispositifs de la proposition de loi relative au droit à l’aide à mourir ont été rejetés en séance publique, à commencer part l’article 4, examiné en priorité, qui définissait les conditions requises pour accéder à un dispositif de suicide assisté ou d’euthanasie, mais aussi celui de l’article 2 qui envisageait une “assistance médicale à mourir”.
L’article 4, qui définissait donc les conditions requises pour accéder à un dispositif de suicide assisté ou d’euthanasie, a donc été rejeté par 144 voix contre 123 dans le cadre d’un scrutin public.
Une rupture de civilisation
Pour les Sénateurs de différents bords, il y avait bien une rupture anthropologique et civilisationnelle qui était en jeu dans la proposition de loi relative au droit à l’aide à mourir.
Pour Emmanuel Capus (groupe LIRT)
Il n’est pas possible de demander aux infirmiers et aux médecins de donner la mort. C’est une rupture civilisationnelle à laquelle une majorité de Français s’oppose.
Pour Francis Szpiner (groupe LR), par ailleurs avocat
Mais, je le maintiens, c’est une rupture de civilisation : vous ne vous arrêterez pas là, vous l’appliquerez ensuite aux mineurs, aux personnes âgées, puis à d’autres encore. C’est au nom de l’humanisme que je suis contre cette loi, de toutes mes forces !
Enfin, pour le Sénateur Stéphane Ravier (groupe NI)
Depuis des siècles, notre civilisation repose sur cet interdit, qui n’est ni religieux ni idéologique : la vie humaine ne se supprime pas. C’est le socle moral de toute société digne de ce nom. Or vous inscrivez la possibilité de donner la mort dans le code de la santé. La mort serait donc un soin ?
