Pour certains esprits, le concile Vatican II aurait apporté un changement décisif avec Lumen Gentium, qui parle du “sacerdoce commun”, lequel contrasterait avec les enseignements précédents des papes.
Ainsi, Lumen Gentium affirme notamment une “différence essentielle et non seulement par le degré” entre le sacerdoce commun et le sacerdoce ministériel:
bien qu’il y ait entre eux une différence essentielle et non seulement par le degré (essentia et non gradu tantum), [ils] sont cependant ordonnés l’un à l’autre (ad invicem tamen ordinantur) ; car l’un et l’autre participent, chacun selon son mode particulier, à l’unique sacerdoce du Christ (unum et alterum suo peculari modo de uno Christi sacerdotio participant).
Pie XII: « ce “sacerdoce” commun à tous les fidèles, profond assurément et mystérieux »
Pourtant, c’est bien Pie XII qui a rappelé dans son discours du 2 novembre 1954 Magnificate Dominum mecum, que les fidèles possèdent un certain “sacerdoce”, que celui-ci n’est pas à minimiser et qu’il est aussi qualifié de “commun”:
D’autre part il ne faut pas nier ni mettre en doute que les fidèles possèdent un certain « sacerdoce », et il n’est pas permis d’en faire peu de cas ni de le minimiser. Le Prince des Apôtres, dans sa première épître, s’adresse en effet aux fidèles en ces termes : « Mais vous, vous êtes une race choisie, un sacerdoce royal, un peuple que Dieu s’est acquis »; auparavant il affirme dans la même lettre que, c’est le propre des fidèles d’être « un sacerdoce saint et d’offrir des sacrifices spirituels, agréables à Dieu, par Jésus-Christ. » Cependant, si vrai et si plein que soit le sens de ce titre d’honneur et de la réalité qu’il exprime, il faut tenir fermement que ce « sacerdoce » commun à tous les fidèles, profond assurément et mystérieux, ne diffère pas seulement en degré, mais aussi en essence du Sacerdoce proprement dit. Celui-ci consiste dans le pouvoir d’accomplir le sacrifice du Christ lui-même parce qu’on représente le Christ Souverain Prêtre.
On notera donc des expressions communes.
