Paris, un diocèse scruté à la loupe – Pour aller au-delà des questions de nomination

Paris, un diocèse scruté à la loupe – Pour aller au-delà des questions de nomination

Pour le moment, rien n’a été rendu communiqué, de quelque manière que soit, sur l’archidiocèse de Paris, dont le titulaire est, depuis mai 2022, Mgr Laurent Ulrich. Mais il est vrai que deux éléments conduisent à envisager la question de la succession: outre le fait que Mgr Ulrich aura atteint l’âge de 75 ans et qu’il devra remettre sa démission au pape conformément au canon 401 du Code de droit canonique, le pape Léon XIV se rendra à Paris dans le cadre de son voyage apostolique.

Une prudence élémentaire 

Les bruits et rumeurs sont particulièrement insistants du fait des deux éléments soulignés en sus, mais rappelons qu’au cours de l’année 2024, des hypothèses relativement similaires avaient déjà été émises avec la circulation d’une “terna” de trois noms que l’on retrouve encore aujourd’hui. On évoque ainsi le cardinal François-Xavier Bustillo, évêque d’Ajaccio, ou de Mgr Mathieu Rougé, actuel évêque de Nanterre, dont le profil “lustigérien” et le parcours parisien en fait un fin connaisseur du diocèse. Il est certain que cet élément joue, surtout au regard des enjeux à venir.

Le rappel des vrais enjeux: la baisse de la pratique religieuse et du nombre d’ordinations sacerdotales

Pour autant, s’il est légitime de s’interroger sur la succession – aucun évêque n’est éternel et la responsabilité d’un diocèse a nécessairement un caractère transitoire -, le diocèse de Paris est confronté à des enjeux ecclésiaux comme la baisse du nombre de fidèles et de prêtres, l’archidiocèse envisageant dans les années à venir une diminution significative. Il a même entrepris un travail de réflexion sur ce sujet qui prend en compte les baisses à venir. 

Curieusement, la sécularisation semblait freinée dans certaines métropoles, mais au regard des récentes évolutions constatées dans la sociologie urbaine (comme le départ des familles pour la banlieue plus ou moins proche) que l’on aperçoit notamment au niveau électoral, elle tend à s’accélérer. Il y a une véritable problématique dans la transmission de la foi. Ainsi, à la fin des années 1960 et au début des années 1970, Paris avait déjà subi une baisse significative de la pratique religieuse dans un contexte de crise de l’Église, comme cela avait été constaté dans une enquête diocésaine soulignée par l’historien Guillaume Cuchet dans son ouvrage publié en 2018 (Comment notre monde a cessé d’être chrétien, Seuil, 2018; l’abbé Berthe en donne une analyse intéressante). Or on peut se demander si une nouvelle vague n’est pas à l’œuvre et que la consolidation, constatée notamment au cours des années 1990, ne risque pas d’être fragilisée.

Si Paris n’en est pas au regroupement des clochers et des paroisses, il est patent que les églises tournent avec des équipes sacerdotales plus réduites que dans le passé. Bref, c’est surtout cet aspect qui jouera : comment fructifier ‘l’héritage”, la consolidation des années passées, sans perdre de vue les défis à venir ?

 

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