Pape Léon XIV: “contemplons le Christ comme avocat”

Pape Léon XIV: “contemplons le Christ comme avocat”

Devant les clercs et les fidèles à la cathédrale de l’Immaculée Conception, le pape Léon XIV a livré une méditation sur le Christ. Voici quelques extraits:

Le Christ est le centre dynamique, le cœur de notre foi, et c’est à partir de cette position centrale que je voudrais m’adresser à vous, alors que je salue cordialement Son Altesse le Prince Albert, Son Excellence Mgr Dominique-Marie David, ainsi que les prêtres et les religieux et religieuses présents, en vous exprimant ma joie d’être ici et de partager votre cheminement ecclésial.

Le pape souligne la dimension sociale et politique du salut

Le pape a ainsi souligné la dimension sociale et politique de la personne guérie.

En contemplant le Christ comme “avocat”, suite à la lecture que nous venons d’entendre, je voudrais vous proposer quelques réflexions.

La première concerne le don de la communion. Jésus-Christ, le Juste, en intercédant pour l’humanité auprès du Père, nous réconcilie avec Lui et entre nous. Il ne vient pas prononcer un jugement de condamnation, mais offrir à chacun sa miséricorde qui purifie, guérit, transforme et fait entrer dans l’unique famille de Dieu. Sa nature compatissante et miséricordieuse Le fait “avocat” des pauvres et des pécheurs, non pas pour encourager le mal, mais pour les libérer de l’oppression et de l’esclavage afin de les faire devenir enfants de Dieu et frères les uns des autres. Ce n’est pas un hasard si les gestes accomplis par Jésus ne se limitent pas à la guérison physique ou spirituelle de la personne, mais comportent également une dimension sociale et politique importante : la personne guérie est réintégrée, avec toute sa dignité, dans la communauté humaine et religieuse dont elle avait été exclue, souvent à cause de sa maladie ou de son péché.

 

Cette communion est le signe par excellence de l’Église, appelée à être dans le monde le reflet de l’amour de Dieu qui ne fait pas de préférence entre les personnes (cf. Ac 10, 34). En ce sens, je voudrais dire que votre Église, ici en Principauté de Monaco, possède une grande richesse : celle d’être un lieu, une réalité dans laquelle chacun trouve accueil et hospitalité, dans ce mélange social et culturel qui vous caractérise. La Principauté de Monaco est, en effet, un petit État à la population très variée, composée de Monégasques, de Français, d’Italiens et de personnes de nombreuses autres nationalités. Un petit État cosmopolite où la diversité des origines s’accompagne également d’autres différences socio-économiques. Dans l’Église, ces différences ne sont jamais un motif de division en classes sociales mais, au contraire, chacun est accueilli en tant que personne et enfant de Dieu, et chacun est destinataire d’un don de grâce qui encourage la communion, la fraternité et l’amour mutuel. Tel est le don qui vient du Christ, notre avocat auprès du Père. Nous avons tous été baptisés en Lui, et c’est pourquoi, affirme saint Paul, « il n’y a plus ni juif ni grec, il n’y a plus ni esclave ni homme libre, il n’y a plus l’homme et la femme, car tous, vous ne faites plus qu’un dans le Christ Jésus » (Ga 3, 28).

Une Église appelée à se faire “avocate”

Je pense alors à une Église appelée à se faire “avocate”, c’est-à-dire à défendre l’homme : tout l’homme et tous les êtres humains. Il s’agit d’un chemin de discernement critique et prophétique visant à promouvoir « un développement intégral de l’humanité, qui respecte sa dignité et son identité authentique, ainsi que sa fin ultime qui renvoie au mystère de pleine communion avec le Dieu Trinité et entre nous » (Commission théologique internationale, Quo vadis, humanitas n. 22).

“Annoncez l’Évangile de la vie”

À cet égard, je tiens à vous encourager à accomplir un service passionné et généreux dans l’évangélisation. Annoncez l’Évangile de la vie, de l’espérance et de l’amour ; apportez à tout le monde la lumière de l’Évangile afin que la vie de chaque homme et de chaque femme soit défendue et promue, de sa conception à sa fin naturelle ; offrez de nouveaux repères capables d’endiguer ces poussées de sécularisme qui risquent de réduire l’homme à l’individualisme et de fonder la vie sociale sur la production de richesses.

 

Il est important que l’annonce de l’Évangile et les formes de la foi, si profondément ancrées dans votre identité et dans votre société, se gardent du risque de se réduire à une habitude, fût-elle bonne. Une foi vivante est toujours prophétique, capable de susciter des questions et de présenter des défis : défendons-nous vraiment l’être humain ? Protégeons-nous la dignité de la personne en préservant la vie à toutes ses étapes ? Le modèle économique et social actuel est-il vraiment juste et empreint de solidarité ? Est-il animé par l’éthique de la responsabilité qui nous aide à dépasser la « logique de l’échange d’équivalents et du profit comme fin en soi » (Benoît XVI, Enc. Caritas in veritate, n. 38), pour construire une société plus juste ?

On peut revoir cette méditation sur la vidéo suivante:

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