À l’occasion de l’ouverture des Jeux Olympiques d’hiver de Milan-Cortina, le pape Léon XIV vient de publier une lettre intitulée La vie en abondance, sur la valeur du sport. Dans cette lettre, le pape invite à “libérer le sport des logiques réductrices qui le transforment en spectacle ou en source de consommation”.
Redonner au sport une dimension humaine, éducative et spirituelle
Le pape salue l’institution de la Trêve olympique qui est le “symbole d’un monde réconcilié”. Il exhorte tous les pays à “redécouvrir et respecter cet instrument d’espérance”. Le pape souligne aussi la valeur éducative du sport., citant à l’appui Hugues de Saint-Victor et saint Thomas d’Aquin pour intégrer l’activité sportive dans le cursus scolaire. Mais le sport a aussi une dimension spirituelle, d’om la nécessité de la promouvoir chez les jeunes: en effet, “lorsque les sports d’équipe ne sont pas pollués par le culte du profit, les jeunes s’impliquent pour une chose qui leur tient à cœur”.
Le pape souligne les “dynamiques compromettantes” qui menacent le sport
Mais le pape souligne aussi les dangers qui affectent le sport comme la recherche du profit maximal “au détriment de dimensions humaines d’une conséquence incalculable”, l’égocentrisme, la sacralisation des événements sportifs qu’il qualifie de “dynamiques compromettantes”. En effet, “dans de nombreuses sociétés, le sport est étroitement lié à l’économie et à la finance”, ce qui conduit à une “corruption” visible par tous. Le pape regrette que l’on puisse “surévaluer ce qui peut être quantifié au détriment de dimensions humaines d’une importance incalculable” et dénonce “la dictature de la performance”.
Le danger de cette fonction “quasi-religieuse” qui affecte le sport,
Mais le pape dénonce aussi la fonction “quasi-religieuse” qui affecte le sport, déplorant que “les stades sont perçus comme des cathédrales laïques, les matchs comme des liturgies collectives et les athlètes comme des figures salvifiques”. Il souligne ce besoin “de sens et de communion” qui peut “vider à la fois le sport et la dimension spirituelle de l’existence”. “Lorsque le sport prétend se substituer à la religion, il perd son caractère ludique et de service à la vie, devenant absolu, totalisant, incapable de se relativiser. “
Par ailleurs, l’intelligence artificielle et le mouvement transhumaniste peuvent être des défis supplément: “lorsque la technique n’est plus au service de la personne mais prétend la redéfinir”, le sport est alors dépouillé de “sa dimension humaine et symbolique” et se tranforme en “laboratoire d’expérimentation désincarné”.
Développer la pastorale du sport
Mais le pape appelle à développer une pastorale du sport. “Une bonne pastorale du sport naît de la conscience que le sport est l’un des lieux où se forment les imaginaires, où se façonnent les modes de vie et où s’éduquent les jeunes générations”. Le pape exhorte les conférences épiscopales à créer “des bureaux ou des commissions dédiées au sport”. Car le sport répandu “stimule une vision commune” et permet “d’éviter la fragmentation”. Pour le pape, “une bonne pastorale du sport peut contribuer de manière significative à la réflexion sur l’éthique sportive”. “Il ne s’agit pas d’imposer des normes de l’extérieur, mais d’éclairer de l’intérieur le sens de l’activité sportive”.
On pourra lire la lettre ici.
