Le texte sur la fin de vie sera examiné au Sénat aujourd’hui. C’est une version remaniée et même édulcorée de la proposition de loi relative au droit à l’aide à mourir – sa dénomination ayant été changée en commission – qui doit faire l’objet d’un vote final au sein de la haute assemblée. Si le texte n’est pas adopté, on reviendra à la version de l’Assemblée nationale, explicite sur le droit à mourir et qui se situe clairement dans l’optique d’un suicide assisté et que la commission des Affaires sociales du Sénat n’avait que peu recadré: il a fallu attendre l’examen en séance publique pour que le Sénat s’éloigne d’une perspective de suicide assisté.
La version du Sénat supprime les dispositifs controversés et rappelle « le droit au meilleur soulagement possible de la douleur et de la souffrance »
En effet, outre la suppression de l’article 4, l’article 2 de la proposition de loi a été remanié. Au lieu de “l’assistance médicale à mourir”, remplaçant elle-même “l’aide à mourir”, tout en prévoyant une possibilité d’administrer la “substance léthale”, il mentionne désormais le fait que « toute personne a le droit au meilleur soulagement possible de la douleur et de la souffrance ». Soit un rappel du dispositif et de l’esprit de la loi Clays-Leonetti sur les soins palliatifs, malheureusement faiblement mise en œuvre. Et alors même qu’un autre texte sur les soins palliatifs avait été examiné de manière concomitante au Sénat dans une ambiance plus sereine et plus consensuelle. C’est donc rappeler que la fin de vie doit rester lié à la question de l’abrègement des souffrances. Atténuer la douleur, oui: c’est une voie à poursuivre et à approfondir. Mais pas faire mourir intentionnellement en tolérant l’administration d’une substance léthale. Les Sénateurs se prononceront sur les deux textes. Les groupes politiques du Sénat n’ont pas donné de consigne politique sur les votes de leurs membres. Les Sénateurs auront-ils, aujourd’hui, le courage de confirmer leur nouveau cap ?
